article Politique

La nouvelle loi électorale en Italie : une coalition anti-M5S ?

La nouvelle loi électorale en Italie : une coalition anti-M5S ? 12 novembre, 2017

Après Mattarellum, Porcellum, l’Italicum difficilement fait adopter par Matteo Renzi, le Premier Ministre italien, le Parlement vient de voter une nouvelle loi électorale : Rosatellum. Après trois vote de confiance, dont le dernier a été voté jeudi 12 octobre au soir avec une majorité de 375 voix pour et 215 voix contre, le projet de loi a eu l’aval du Sénat le 26 octobre dernier. Elle sera mise en vigueur au printemps prochain lors des prochaines élections législatives.

Alors que la loi électorale proposée par la Cour Constitutionnelle, Consultellum, se basait sur un système proportionnel avec une majorité à atteindre pour la Chambre des députés et un mode de scrutin totalement proportionnel pour le Sénat, cette loi aurait rendu le pays ingouvernable lors des prochaines élections à cause de la fragmentation de la vie politique et des partis italiens. Pour autant, cette loi est critiquée par le Mouvement 5 Étoiles.

La loi Rosatellum

Rosatellum, dont le nom vient d’Ettore Rosati, chef du Parti Démocratie (PD) de centre-gauche qui a porté ce projet, a reçu entre autre l’appui des centristes de l’Alliance Populaire (AP), de Forza Italia porté par Berlusconi et la Ligue du Nord. Ce dispositif vise à favoriser les coalitions lors des élections, le seuil minimal pour entrer au Parlement étant de 3% des suffrages pour les partis et 10% pour les coalitions. Ce n’est pas un hasard si cette loi suscite l’engouement du Parti Démocrate et de la droite berlusconienne puisque les deux partis souhaitent faire une coalition pour limiter les résultats du Mouvement 5 étoiles, parti antisystème qui d’après les sondages seraient au coude à coude avec les deux autres partis.  

Une coalition contre le M5S ?

A la suite de ce projet de loi, le M5S dont le député Alessandro Di Battista ont manifesté pendant trois jours pour crier au « scandale démocratique » sans pour autant avoir quelconque effet politique. Luigi Di Maio, actuel vice-président de la Chambre des députés, a ainsi déclaré que cette loi était « un coup mortel pour la démocratie, une violation des lois démocratiques […] L’objectif est de nous anéantir ». Les députés du M5S ont aussi dénoncé l’utilisation du vote de confiance qui a engagé la responsabilité du gouvernement afin d’écourter les débats. Or, ce texte conçu par les appareils du Parti Démocrate et par le Premier Ministre, Paolo Gentiloni, n’ont pas pris part aux discussions ce qui remet en question les arguments du parti dit antisystème.

On peut cependant accorder au M5S le fait que cette loi favorise la coalition entre le parti de Matteo Renzi et celui de Berlusconi qui ont conclu un accord pour faire barrage à ce parti qui ne fait que grimper dans les sondages ces derniers mois. Pour répondre à ces arguments, le parti Forza Italia affirme que Rosatellum permettra d’introduire une stabilité gouvernementale car elle engage la responsabilité de plusieurs partis. C’est l’idée d’un gouvernement d’unité nationale mené par Renzi mais sous l’influence de Berlusconi.

Il ne reste donc plus qu’à attendre l’aval du Sénat et la dissolution du Parlement par le chef de l’Etat, Sergio Mattarella, pour que commencent les campagnes des élections législatives. Alors que les résultats restent incertains, on peut penser qu’une coalition entre le Parti Démocrate et la droite de Berlusconi leur assurera une certaine victoire et majorité pour diriger le gouvernement. Face à cette coalition, le M5S tentera de se débarquer avec son nouveau chef de file politique, Luis Di Maio, choisi fin septembre pour être candidat au poste de Premier Ministre malgré les régulières remarques de la presse sur son manque d’expérience.

 

Charlène Dupé est étudiante en Sciences Politiques, option Relations Internationales, à finalité mondialisation et politiques publiques (ULB).

 

Sources 

Share and Like :